Le donjon roman

Le donjon roman




La motte "Sainte Marguerite" est abandonnée visiblement au début du XIIIème siècle. C'est sans doute à cette époque que, à deux cent mètres de celle-ci, est édifié le donjon roman.



Ce donjon (ci-dessus en noir) est un donjon de type emmotté, c'est à dire que ses fondations sont "noyées" dans une butte de terre artificielle déjà présente, ou édifiée spécifiquement (ci-dessus en vert).

Le donjon, haut d'environ vingt mètres pour neuf de côté, est de plan carré à contreforts. Ce type de construction est typique des tours maîtresses de l'Ouest de la France. Il s'apparente par sa forme aux donjons romans limousins comme celui de Chalucet ou encore de Chateau-Chervix en Haute Vienne.

Par contre, il apparaît aux vues de l'évolution architecturale des édifices de défense que ce donjon était déjà archaïque lors de sa construction durant les premières décennies du XIIIéme siècle.

Les faces Sud et Ouest sont en partie ruinées. Une porte d'accès sur la face nord au niveau du premier étage est encore visible. Le donjon possède quatre étages pourvus de cheminées et de baies à sièges, ce qui atteste d'un caractère résidentiel. Une couronne de mâchicoulis, dont le dernier corbeau (pierre oblongue formant le mâchicoulis) est tombé durant l'hiver 2011, garnissait le sommet de la tour.


Plusieurs campagnes de constructions pour un seul édifice:




De nombreux remaniements sont visibles au sein de cet ouvrage. Plusieurs campagnes de modifications et de reconstructions sont décelables.

Le cul de basse fosse et les murs du premier niveaux (en vert ci-dessus) ainsi qu'une partie de ceux du deuxième datent de la construction du donjon, au cours de la première moitié du XIIIème siècle. Une chose est remarquable sur ces éléments d'origine. Il s'agit du fait que l'agencement des matériaux diffère d'un mur à l'autre. En effet, les murs "extérieurs", c'est à dire ceux susceptibles de devoir essuyer une attaque frontale, sont formés de blocs de granit jaune longs pour une meilleure résistance, alors que les murs "intérieurs" sont de facture moins soignée avec des pierres de moindre taille et des schistes en guise de cales.

Les deux derniers niveaux (en bleu ci-dessus) datent d'une seconde campagne d'édification contemporaine avec la guerre de Cent Ans. Les cales en schiste sont abandonnées et un granit gris bien taillé, témoignant de l'évolution des techniques, fait son apparition dans les murs.