Les mottes défensives du site de Lastours

Les mottes défensives du site de Lastours




La motte castrale est un ouvrage défensif très ancien qui proliférera en Europe occidentale du Xème siècle au XIIIème siècle selon les régions. Une motte est avant tout composée d'un rehaussement important de terre rapportée de forme circulaire, ce qui lui à donné son nom.

En fait, une motte castrale n'est ni plus ni moins qu'une "dune" de terre façonné par l'homme, pour y édifier une tour de bois défensive servant de refuge surélevé. Protégée par des palissades également en bois, on peut la considérée comme l'ancêtre du château fort avec sa basse cours et ses logis en contrebas, qui matérialise l'autorité du seigneur sur ses terres et ceux qui les peuplent.



Ci-dessus, on peut distinguer la partie défensive surélevée ainsi que, en contrebas, les logements et les ateliers seigneuriaux (forge, écuries...) entourés par leurs murs de rondins.



Le château actuel et ses environs possèdent quatre exemples d'ouvrages défensifs médiévaux, dont trois mottes.




La motte dite "Sainte Marguerite":

Située à quelque deux-cent mètres au Sud-Ouest du château actuel, on la nomme ainsi car en son sommet a été edifiée en 1488 l'église de Lastours qui renfermerait des reliques de la sainte limousine. Il s'agit sans doute de l'une des mottes castrales les mieux conservées de la région.

Elle possède encore ses parois abruptes d'une dizaine de mètres de haut, ainsi que les traces des fossés qui l'entouraient. On pense que cette motte, de part sa position, est l'élément de défense le plus ancien du village, ce qui ferait remonter son édification aux alentours de la deuxième moitié du Xème siècle. Par ailleurs, l'étude du parcellaire ancien révèle l'existence à la base de la motte, d'un enclos pouvant être interprété comme étant l'emplacement d'une basse-cours ou du village primitif.



Ci-dessus, on peut voir la motte Sainte Marguerite surmontée de l'église. Photo: Fred Yvonne.


La motte dite "à étrave" :

Cette motte de terre est située à environ quatre-cent mètres au sud du château actuel. Elle est édifiée sur une pente douce menant au "camp romain". On l'appelle ainsi car pour des soucis de défense, une étrave de terre à été édifiée à l'amont de la butte. Cette butte est, contrairement à la motte "Sainte Marguerite", de dimensions réduites et de faible hauteur, ce qui en fait sans doute une défense secondaire. Elle possède également les restes de son fossé de défense ainsi que de sa petite basse-cours, dans son prolongement, au nord.



La morphologie de cette motte semble situer son édification dans la première moitié du XIIIème siècle, à la même période que le donjon, ce qui pose la question de la réelle utilité de cet ouvrage, motte castrale ou tours de défense avancée...


La motte "du donjon":

Cette ouvrage est nommé ainsi car il est la base même des fondations du donjon roman. L'histoire de cette motte reste relativement floue car l'on ne sait toujours pas si il s'agit d'une butte castrale antérieure à l'édification du donjon, ou si celle-ci en est contemporaine avec un rôle de surélévation de l'édifice de pierre.


La motte "du donjon" (en vert ci-dessus) est de dimensions réduites par rapport à la "Sainte Marguerite", à peine quatre mètres de haut sur quarante de large. Mais ces dimensions peuvent êtres expliquées par le fait que cette butte à été remaniée et amoindrie lors de l'édification des murailles au XVIème siècle.

Cette motte est peut-être la troisième tour représentée sur le blason des Lastours, selon l'une des hypothèses de lecture héraldique des armes de la famille.


"La terrasse":

Les restes de cet édifice, situés à cent-cinquante mètres à l'Est de la motte "Sainte Marguerite" et à 70 mètres au Sud du château, ne sont plus assez conséquents pour être précisément étudiés. Il s'agit d'une terrasse de la taille d'un carré de dix mètres de côté et entourée par les restes d'un fossé de défense. Cet ensemble manifestement fortifié pourrait-être assimilé à une maison forte.



Malheureusement, les dimensions de cet ouvrage et son observation n'ont pu être possibles que grâce aux anciens cadastres du village (ci-dessus, "la terrasse" est encadrée de jaune sur le cadastre de 1818), car la construction de l'école communale en 1840 a presque rayé ses traces du paysage.